Grandes batailles

1812

1813

1814

Le fort Saint-Joseph et la capture de Michilimackinac, le 17 juillet 1812

Michillimakinac (Mackinac) au bard du lac Huron (le site d'une bataille le 17 juillet 1812 pendant la guerre de 1812 où les forces britanniques ont vaincu les Américains et conquis Michillimakinac).
Michillimakinac (Mackinac) au bord du lac Huron. Site d'une bataille le 17 juillet 1812 pendant la guerre de 1812 où les forces britanniques ont vaincu les Américains et conquis Michillimakinac.

Les États-Unis déclarent la guerre à la Grande-Bretagne le 18 juin 1812, mais il faut un certain temps avant que la nouvelle soit transmise aux forts établis le long de la frontière entre les États-Unis et l'Amérique du Nord britannique. Le fort Saint-Joseph, qui se trouve près de la rivière Sainte-Marie, dans le Haut-Canada, est l'avant-poste britannique le plus à l'ouest. Le capitaine Charles Roberts apprend que la guerre est déclarée avant que la nouvelle arrive au fort américain Michilimackinac situé à proximité, dans les détroits de Mackinac. Roberts réunit sa petite garnison de vétérans, d'employés de la compagnie du Nord-Ouest basés sur l'île Saint-Joseph et des alliés autochtones pour envahir l'île Mackinac par surprise. La garnison du fort américain se rend sans qu'un seul coup ne soit tiré et le nord du Michigan demeure entre les mains des Britanniques jusqu'à la fin de la guerre grâce à la défense héroïque d'une petite force déterminée composée de soldats de l'Armée régulière britannique, de membres des Royal Newfoundland Fencibles, de miliciens canadiens et de Premières nations alliées.

Le fort Malden ou Amherstburg et la conquête de Détroit, le 16 août 1812

La rencontre du major général sir Isaac Brock et Tecumseh, Shawnee Chef de Guerre, lors de la planification de la conquête de Détroit.
La rencontre du major-général Sir Isaac Brock et Tecumseh, chef de guerre Shawnee, lors de la planification de la conquête de Détroit.

Le 12 juillet 1812, le général américain William Hull, commandant à Détroit, traverse la rivière Détroit et envahit le territoire canadien. À son arrivée en sol canadien, Hull avertit tous les sujets britanniques que ceux qui résistent à l'invasion « seront considérés et traités comme des ennemis et subiront les horreurs et les calamités de la guerre ». La première escarmouche de la guerre se déroule sur les rives de la rivière Canard. Cette petite opération empêche Hull de poursuivre sa route et d'attaquer le fort britannique Malden, ou Amherstburg. Lorsqu'il apprend la reddition de Michilimackinac, Hull se retire de l'autre côté de la rivière Détroit.

Le commandant britannique au Haut-Canada, le major-général Sir Isaac Brock, est installé au fort George, à Niagara. Il apprend que Hull tente une invasion et prend immédiatement des mesures. Il se rend rapidement au fort Malden avec une petite force de renforts britanniques, de membres des Royal Newfoundland Fencibles, de miliciens canadiens volontaires des régions de Lincoln et de York et d'alliés iroquois. À son arrivée, il rencontre le chef de guerre Shawnee, Tecumseh, et les chefs hurons Roundhead et Split Log, et ensemble ils préparent une attaque contre Détroit.

La défaite du général américain William Hull lors de la conquête de Détroit.
La défaite du général américain William Hull lors de la conquête de Détroit.

Brock dispose ses canons là où se trouve aujourd'hui Windsor pour commencer à bombarder Détroit. Avec sa petite force de soldats réguliers, de miliciens et d'alliés autochtones, il traverse la rivière Détroit pour assiéger la ville du même nom.

En tirant quelques coups de canon à partir de la rive canadienne et en montrant sa force de tuniques rouges et d'alliés autochtones déployés près du fort américain, Brock parvient à tromper le général Hull pour qu'il cède Détroit, 2 500 de ses hommes et l'ensemble du Michigan au prix de seulement deux blessés parmi les forces alliées.

À partir de leur nouveau poste à Détroit, les Britanniques parviennent à soutenir Tecumseh et les guerriers des Premières nations pour qu'ils déclenchent une offensive commune contre les Américains au nord-ouest de l'Ohio, au début de 1813.

Les Britanniques garderont possession de Détroit jusqu'en septembre 1813.

Les Hauteurs-de-Queenston et la mort de Brock, le 13 octobre 1812

La bataille des Hauteurs-de-Queenston (Brock, « le héros du Haut-Canada », est tué au début de cette bataille).
La bataille des Hauteurs-de-Queenston Brock, « le héros du Haut-Canada », est tué au début de la bataille.

Tout au long de septembre 1812, les Américains rassemblent une grande armée sur la frontière pour envahir Niagara. L'objectif est d'établir une tête de pont qui pourrait être défendue pendant l'hiver et servir de tremplin pour conquérir le sud du Haut-Canada, ce qui couperait les lignes de ravitaillement britanniques vers la frontière à Détroit. Le 13 octobre, l'invasion commence dans le village de Queenston dans le Haut-Canada. Une bonne partie de l'armée américaine, des miliciens de New York et de Pennsylvanie, refuse de traverser la frontière vers le Canada. Le commandant britannique, le major-général Sir Isaac Brock, rassemble ses forces composées de soldats réguliers britanniques, de miliciens des régions de Niagara et de York et d'une centaine d'alliés iroquois et se rend à Queenston pour repousser l'envahisseur américain.

Brock est tué au début de la bataille des Hauteurs-de-Queenston, mais les Britanniques finissent par s'imposer : ils lancent un assaut final sur les Hauteurs 12 heures après la première attaque américaine, écrasant l'armée ennemie pourtant supérieure en nombre et obligeant près de 1 000 soldats à se rendre.

Malgré le décès de Brock, le « héros du Haut-Canada », la bataille améliore grandement le moral dans le Haut-Canada. En outre, elle démontre aux Britanniques que les Canadiens du Haut-Canada, même si bon nombre d'entre eux viennent d'immigrer des États-Unis, combattront vaillamment pour défendre leur territoire d'adoption, même contre leurs anciens compatriotes et voisins.

Prescott et la conquête d'Ogdensburg, le 22 février 1813

Au début de la guerre, les Américains établissent une garnison à Ogdensburg (New York), sur la rive du fleuve Saint-Laurent, en face de Prescott (Haut-Canada). Il s'agit d'un endroit stratégique, car il est situé au début d'une série de courants rapides qui nuisent à la circulation sur le fleuve entre Prescott et Montréal. Pour acheminer des biens vers l'intérieur des terres, il faut avoir recours au portage afin d'éviter les rapides, et ce, jusqu'à Prescott, où les biens peuvent être replacés dans des navires partant pour Kingston, York (Toronto) ou Niagara. Il s'agit d'une région vulnérable puisque les canons peuvent atteindre une rive à partir de la rive opposée.

En janvier 1813, les carabiniers américains d'Ogdensburg mènent plusieurs raids en territoire canadien, attaquant les villes de Gananoque et d'Elizabethtown (Brockville). Le 22 février 1813, le fougueux major « Red » George Macdonnell, des Glengarry Light Infantry Fencibles, qui commande temporairement la garnison de Prescott, décide de prendre l'initiative et d'outrepasser considérablement ses ordres en attaquant Ogdensburg aux États-Unis. À la tête de membres du Glengarry, de soldats réguliers du King's 8th Regiment, de soldats de la Royal Newfoundland Fencible Infantry et de miliciens volontaires, il traverse le fleuve Saint-Laurent gelé et capture Ogdensburg. Ses forces brûlent des bâtiments gouvernementaux et certains navires pris dans les glaces avant de retourner à Prescott. Les Américains ne remplacent pas la garnison d'Ogdensburg durant la guerre et la ligne d'approvisionnement britannique demeure ouverte.

La prise de York, le 27 avril 1813

Au printemps 1813, les forces américaines sur le lac Ontario sont plus puissantes que la flotte britannique basée à Kingston, ce qui leur permet de lancer une opération amphibie par le lac Ontario afin d'attaquer York (Toronto), la capitale du Haut-Canada. Une armée américaine débarque le 27 avril 1813 et, après une lutte féroce, les Britanniques doivent quitter York. Avant d'abandonner la garnison de York, ils installent une bombe à retardement dans la poudrière. L'explosion qui s'ensuit fait de nombreux morts et blessés chez les Américains, notamment un général, Zebulon Pike, qui a donné son nom au Pikes Peak à Toronto.

Les Américains acceptent la reddition de York, occupent la ville pendant quelques jours, incendient des bâtiments gouvernementaux, y compris l'édifice du Parlement et le chantier naval, puis retournent au Sackett's Harbor (New York), leur principale base navale sur le lac Ontario. En guise de représailles, les Britanniques incendieront la Maison-Blanche, le Capitole et d'autres bâtiments gouvernementaux de Washington, D.C., lorsqu'ils occuperont la ville en 1814.

La bataille du fort George, le 27 mai 1813

La bataille de Fort George (a servi de quartier général pour la Division du Centre de l'armée britannique du Haut-Canada, mais a été conquis par les Américains pendant la bataille de Fort George en mai 1813).
La bataille de fort George. Fort George a servi de quartier général pour la Division du Centre de l'armée britannique du Haut-Canada, mais a été conquis par les Américains pendant la bataille de fort George en mai 1813.

Un mois après la conquête de York (Toronto), les Américains prévoient attaquer Niagara pour former une tête de pont dans le but de conquérir le sud du Haut-Canada. Le 25 mai 1813, de nombreux canons américains bombardent le fort George, détruisant tous les bâtiments en bois qui s'y trouvent. Deux jours plus tard, une armée amphibie de plus de 5 000 hommes écrase la garnison de Niagara, qui se défend à un contre trois.

Les Américains occupent le fort George et la ville de Niagara (aujourd'hui Niagara-on-the-Lake) pendant sept mois, mais ils sont incapables de profiter de leur position pour conquérir de nouveaux territoires. Des retraites à Stoney Creek et à Beaver Dams et un siège peu structuré du fort George par les forces britanniques et les alliés autochtones encerclent les Américains et les empêchent de pénétrer plus profondément au Haut-Canada. En décembre 1813, les Américains ont compris qu'il ne sert à rien de continuer d'occuper le fort. Étant donné que les Britanniques s'amènent pour reconquérir leur position, les Américains abandonnent le fort et retournent de l'autre côté de la rivière Niagara. Ils brûlent la ville de Niagara au cours de leur retraite le 10 décembre 1813. Les Britanniques reprennent le fort George, aident les habitants dépossédés à trouver un abri, puis ils se vengent en capturant le fort américain Niagara le 19 décembre 1813 et brûlent les villages le long de la rivière. Ils occupent le fort Niagara pendant 15 mois, jusqu'à ce qu'ils apprennent la ratification du traité de Gand mettant fin à la guerre.

La bataille de Stoney Creek, le 6 juin 1813

Le 27 mai 1813, après la bataille du fort George, les Britanniques abandonnent ce fort et le fort Érié et se retirent à Burlington Heights, aujourd'hui Hamilton (Ontario). Les Américains consolident leur position à Niagara, puis ils envoient une armée à la poursuite des Britanniques dans le but de détruire ce qui reste de leur armée à Burlington Heights. Les Américains s'arrêtent pour passer la nuit du 5 juin 1813 à Stoney Creek et prévoient attaquer Burlington Heights le lendemain. Les Britanniques sont conscients qu'une offensive américaine menée en plein jour sur Burlington Heights serait vraisemblablement couronnée de succès et préparent une contre-attaque audacieuse. Très tôt le 6 juin 1813, ils lancent une violente attaque à la baïonnette contre le camp américain à Stoney Creek. L'armée britannique est beaucoup moins nombreuse que sa rivale américaine, mais elle bénéficie de l'effet de surprise. Les généraux américains Winder et Chandler sont faits prisonnier et l'armée américaine est mise en déroute. Les Britanniques se retirent avant l'aube pour éviter de montrer que leur armée est réduite.

Les Américains se retirent en direction du fort George et s'arrêtent à Forty Mile Creek (Grimsby, Ontario) plus tard dans la journée du 6 juin 1813 pendant que les officiers discutent de tactique. Ils s'y trouvent encore le 8 juin 1813 lorsqu'ils sont attaqués par les navires britanniques sur le lac Ontario ainsi que par les guerriers iroquois et les miliciens du Haut-Canada qui ont suivi leurs traces depuis Stoney Creek. Les Américains trouvent refuge au fort George.

La bataille de Beaver Dams, le 24 juin 1813

Laura Secord a parcouru plus de12 milles pour avertir les forces britanniques d'une invasion américaine à l'avant-poste britannique de Beaver Dams.
Laura Secord a parcouru plus de 19 milles (32 kilomètres) pour avertir les forces britanniques d'une invasion américaine à l'avant-poste britannique de Beaver Dams (Ontario).

Pendant que les Américains se retirent vers le fort George à Niagara, les Britanniques envoient des renforts à Burlington Heights (Hamilton, Ontario). Ils suivent les traces de l’armée américaine et commencent à assiéger le fort en établissant des avant-postes et des dépôts d'approvisionnement autour de Niagara. Un de ces dépôts se trouve dans la Maison Decew, aujourd’hui dans la ville de Thorold (Ontario).

Le 23 juin 1813, une armée américaine au fort George reçoit l'ordre d'attaquer le dépôt de la Maison Decew. L'armée quitte le fort pour se rendre à Queenston le 23 juin 1813 et poursuit sa marche vers la position britannique le matin suivant. Une habitante, Laura Secord, avait déjà averti le commandant britannique James Fitzgibbon, qu'une attaque américaine aurait lieu le 22 juin 1813. Des alliés mohawks et d'autres civils avaient également donné des avertissements semblables à l’armée britannique. De nombreux guerriers des Sept Nations venus de l'est du Haut-Canada et de l'ouest du Bas-Canada s’étaient joints à Fitzgibbon quelques jours plus tôt pour tendre une embuscade aux Américains en marche. La bataille qui suivit voit les guerriers arrêter l'armée américaine et l'oblige à se rendre. Près de 500 Américains sont faits prisonniers.

La défaite britannique à la frontière de Détroit - batailles du lac Érié, le 10 septembre 1813, et de la rivière Thames, le 5 octobre 1813

Le plan du Fort Erie montrant une carte du fort qui serait prise par les américains juillet 3, 1814, dans le cadre d'une invasion américaine du Niagara.
Le plan du fort Erie pris par les Américains le juillet 3 1814, dans le cadre d'une invasion américaine du Niagara.

Au printemps et à l'été 1813, les Américains bâtissent une flottille de vaisseaux de guerre afin de lutter pour le contrôle du lac Érié. En septembre 1813, les Britanniques à la frontière de Détroit sont dans une profonde détresse. L'occupation de Niagara par les Américains paralyse en grande partie l'acheminement de provisions venant de l'est. La flottille britannique du lac Érié manque d'hommes d'équipage et de canons pour armer pleinement ses vaisseaux. Les garnisons du fort Malden et du fort Détroit et les alliés autochtones ainsi que leurs familles manquent de nourriture. Pour garantir qu'une ligne de ravitaillement demeure ouverte, les Britanniques doivent contrôler le lac Érié et, pour ce faire, vaincre la flotte américaine sur ce lac. Le 10 septembre 1813, le commodore britannique Robert Barclay attaque la flotte américaine commandée par Oliver Hazard Perry et subit la défaite. La flotte britannique doit se rendre et céder le plein contrôle du lac Érié aux Américains, qui peuvent ainsi prendre l'offensive contre les forces britanniques affaiblies à Détroit. Puisque les forts Détroit et Malden ne peuvent plus être défendus, le commandant britannique Henry Procter détruit le chantier naval d'Amherstburg et les bâtiments militaires du fort Malden avant de se retirer à Burlington Heights en longeant la rivière Thames. Il s'attire ainsi le mépris de Tecumseh, qui accompagne néanmoins les Britanniques durant leur retraite.

Chatham (Ontario), où Tecumseh, Chef de Guerre Shawnee, est mort pendant la bataille.
Bataille de la rivière Thames où Tecumseh, chef de guerre Shawnee, meurt au combat.

Une armée américaine dirigée par le général William Henry Harrison dépasse la force du major-général Henry Procter et engage le combat près de Moraviantown, aujourd'hui Chatham-Kent (Ontario).

Il vainc les Britanniques à la bataille de la rivière Thames le 5 octobre 1813. Tecumseh meurt au combat, mais Procter réussit à s'échapper et à se rendre à Burlington Heights. Les Américains contrôleront la frontière de Détroit jusqu'à la fin de la guerre (mais les Britanniques gardent possession du nord du Michigan). Bon nombre des alliés de Tecumseh retournent chez eux et font la paix avec les Américains, mais d'autres se joignent aux Britanniques à la frontière Niagara.

Échec de la campagne américaine à Montréal, les batailles de Châteauguay, le 26 octobre 1813, et de la ferme Crysler, le 11 novembre 1813

La bataille de Châteauguay (le 26 octobre 1813, les troupes canadiennes, sous le commandement de Charles-Michel de Salaberry, ont remporté une importante victoire sur les forces d'invasion américaine).
Le 26 octobre 1813 a lieu la bataille de Châteauguay où les troupes canadiennes, sous le commandement de Charles-Michel de Salaberry, remportent une importante victoire contre les forces d'invasion américaine.

Une partie de la stratégie américaine en 1813 consiste à capturer Kingston ou Montréal, ou les deux si possible. Une armée américaine commandée par le général Wade Hampton doit se réunir à Plattsburg (New York) et remonter la vieille route d'invasion qui passe par le lac Champlain et la rivière Richelieu pendant qu'une seconde armée commandée par le général James Wilkinson se dirigera vers Kingston à partir de Sackett's Harbor. Le plan est le suivant : si les Britanniques envoient des renforts à Kingston et affaiblissent Montréal, Wilkinson et Hampton attaqueront Montréal. Si une partie de la garnison de Kingston est envoyée en renfort à Montréal et que l'occasion se présente, Kingston sera l'objectif principal. Finalement, aucun de ces scénarios ne fonctionne pour les Américains.

La force de Hampton avance dans la vallée du Richelieu, mais à la rivière Châteauguay (près de l'actuelle ville d'Ormstown, au Québec), elle rencontre une force beaucoup moins imposante composée du régiment des Voltigeurs canadiens, du Canadian Fencible Regiment, de miliciens du Bas-Canada et d'alliés autochtones qui ont creusé des tranchées protégées par des épaulements d'abattis, c'est-à-dire un amas d'arbres abattus dont les branches sont très aiguisées. Le commandant britannique, le lieutenant-colonel Michel de Salaberry, réussit à faire croire à Hampton que la force canadienne et autochtone est beaucoup plus nombreuse qu'elle ne l'est en réalité. Après une dure bataille, les Américains retournent sur leur territoire.

Pendant ce temps, la deuxième armée américaine se rend compte que Kingston est trop bien défendue et décide de descendre lentement le fleuve Saint-Laurent pour rejoindre l'armée de Hampton qui s'amène. Une petite force britannique dirigée par le lieutenant-colonel Morrison et appuyée par des chaloupes-canonnières quitte Kingston pour suivre les Américains le long du fleuve. En chemin, des miliciens se joignent à la force de Morrison tandis que d'autres harcèlent les Américains avec des tirs de mousquet et d'artillerie pendant que ces derniers naviguent sur le fleuve Saint-Laurent. Enfin, le 11 novembre 1813, le général américain Wilkinson fait débarquer quelques milliers d'hommes pour affronter la force de Morrison près de la ville actuelle de Morrisburg (Ontario), sur les terres de John Crysler.

Au cours de la bataille de la ferme Crysler, des soldats canadiens réguliers du Canadian Fencible Regiment et du régiment des Voltigeurs canadiens, 12 cavaliers des Provincial Light Dragoons et 30 alliées des Premières nations se joignent aux Britanniques qui, malgré leur petit nombre, parviennent à repousser plusieurs attaques américaines et à infliger de lourdes pertes à l'ennemi. Les Américains doivent quitter le champ de bataille et se retirer dans la région de Cornwall (Ontario) afin de reprendre des forces après la bataille. Les Britanniques apprennent les problèmes auxquels Hampton est confronté à Châteauguay. L'armée de Wilkinson retourne en territoire américain et Montréal et Kingston ne seront plus sérieusement menacées durant la guerre.

Les batailles de Chippawa, le 5 juillet 1814, et de Lundy's Lane, le 25 juillet 1814, et le siège du fort Érié, du 4 août au 21 septembre 1814

À la fin du printemps 1814, les Américains apprennent que les Britanniques et leurs alliés ont triomphé de la France en Europe et peuvent maintenant envoyer beaucoup plus de soldats et de navires au Canada. Ils sont conscients qu'ils ont une dernière chance d'occuper le sud du Haut-Canada. Ce territoire pourrait leur être cédé s'ils l'occupent solidement au moment de signer le traité de paix. Une autre invasion de Niagara est lancée. Le 3 juillet 1813, une armée américaine débarque près du fort Érié et le capture rapidement avant de se diriger vers le fort George. Le 4 juillet, elle atteint une position au sud de la rivière Chippawa, sur la route menant à Niagara. Le lendemain, l'armée américaine de 3 500 hommes commandée par le général Jacob Brown est attaquée par une force britannique d'environ 2 100 hommes comprenant des soldats réguliers, des miliciens et des alliés autochtones.

Même s'ils sont inférieurs en nombre, les Britanniques s'attendent à ce que leurs adversaires se retirent en les voyant avancer vers eux. Toutefois, les Américains se sont exercés et entraînés durant l'hiver et leur expertise est maintenant à la hauteur de celle de l'armée britannique. Les Britanniques sont repoussés et subissent de lourdes pertes; ils se retirent donc au-delà de la rivière Chippawa avant de reculer jusqu'au fort George et au nouveau fort Mississauga, dans la ville de Niagara. L'armée de Brown s'occupe de ses nombreux soldats tués et blessés et organise son ravitaillement, puis elle soutient un siège peu structuré au fort George. Brown attend que le commodore américain Chauncey arrive pour que la Marine américaine appuie l'attaque des positions britanniques aux forts George, Mississauga et Niagara. Voyant que la flotte n'arrive pas, Brown se retire vers sa base d'approvisionnement, près de Chippawa. Les Britanniques le suivent et établissent une position défensive à Lundy's Lane, où se trouve maintenant Niagara Falls.

Brown sait que le fort George est trop puissant pour être attaqué sans l'appui de la flotte. Il décide donc d'attaquer Burlington Heights afin d'isoler les Britanniques dans la péninsule de Niagara. Son armée en marche affronte les Britanniques à Lundy's Lane le 25 juillet 1814. Les combats s'intensifient puisque les deux camps continuent d'envoyer des renforts et les pertes s'accumulent. Enfin, les deux armées se retirent et les Américains reculent jusqu'au fort Érié. La bataille de Lundy's Lane est la plus sanglante de la guerre et les deux armées affirment avoir remporté la victoire.

La bataille de Lundy Lane (la bataille la plus sanglante de la guerre et les deux armées affirment avoir remporté la victoire).
La bataille de Lundy Lane est la bataille la plus sanglante de la guerre et les deux armées affirment avoir remporté la victoire.

Après la bataille sanglante de Lundy's Lane, l'armée américaine se retire au fort Érié et commence à renforcer les défenses de ce bastion. Les Britanniques suivent l'armée et commencent un siège structuré du fort le 4 août. Les Britanniques creusent des tranchées et progressent lentement vers la position américaine. Les batteries de canons sont positionnées pour bombarder le fort et affaiblir les défenses. Une attaque britannique menée la nuit du 13 août 1814 tourne au désastre lorsqu'une explosion de la poudrière tue ou blesse de nombreux attaquants britanniques. Le 16 août, le commandant britannique, le lieutenant-général Sir Gordon Drummond, se rend compte que sa force de 3 000 hommes est insuffisante pour capturer le fort américain défendu par 2 500 soldats et décide de lever le siège. Le lendemain, une attaque américaine écrase la principale batterie de canons britanniques, mais ne parvient pas à repousser la force de siège. Les Américains ne savent pas que les Britanniques ont l'intention de lever le siège, ce qu'ils font le 21 septembre 1814. Les Américains gardent le contrôle du fort, mais ils sont conscients qu'il serait difficile de tenir ce poste durant l'hiver. Le 5 novembre 1814, ils font exploser le fort et retournent aux États-Unis.

À la suite des combats sanglants au fort Érié et à Lundy's Lane, les régiments territoriaux de soldats réguliers recrutés au Canada (notamment le Glengarry Light Infantry et le 104e régiment de fantassins du Nouveau-Brunswick) et le bataillon de la milice incorporée du Haut-Canada reçoivent l'inscription au drapeau NIAGARA en récompense de leurs actions et de leur service exemplaire à Lundy's Lane et dans l'ensemble de la campagne de Niagara de 1814.